Hans Holbein (1498-1543)
Les Ambassadeurs
Rendez-vous avec la mort (36 min)
31077 visions, 37 commentaires
Note moyenne : 9.6/10





Recommandé
La présentation est claire et agréable.
La musique est globalement trop présente.
par CLAUDE TOURNUS, enseignante





Excellent. A imiter
Une excellente qualité tant pour la forme que pour le fond ! Une richesse remarquable ! C'est dense et clair, la présentation est attractive. Bravo !!!
rien...
par Gwénola RETO, enseignante
[Gratuit] 4 extraits et la bande-annonce
[Donateurs] Le film en ligne
[14,99€] Le DVD
Plongez au coeur des plus grands enjeux du XVIème siècle et de la modernité : géopolitique d'un monde globalisé, invention de la "raison d'Etat" et gestation d'une nouvelle science. Ce film de 37 min, construit comme une investigation policière montre comment la redéfinition du monde oblige l'homme à redéfinir son rapport à la mort : la religion n'est plus la seule manière de la conjurer.
- 7 détails en haute résolution (Google Art Project)
- Photos de tournage
L'album de nos photos de tournage à Londres en juillet 2007.
Appel aux intelligences : qui serait en mesure d'expliquer à Canal Educatif pourquoi le pied de l'Ambassadeur nous "suit" quand on tourne autour ? (nous attendons une explication de type "science de la perception"). ;-) Voyez les images !
Dans le cadre de la loi du Royaume-Uni les images sont copyright National Gallery. Néanmoins l'utilisation individuelle par l'enseignant à l'Ecole (sans but lucratif) est tolérée. Merci cependant de toujours préciser les crédits suivants : (c) National Gallery & DA Erwan Bomstein.
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Audrey DIRNINGER
Le 3 Janvier 2011
4 visiteurs sur 4 ont trouvé ce commentaire intéressant
Bonjour, je viens de visualiser les Ambassadeurs. C'est bien conçu, fluide, bien documenté. Je me permets de vous écrire pour souligner certains points, qui peut-être n'ont pas été approfondis par choix, étant donné le format court plus pédagogique, et noter certaines petites maladresses minimes. Bravo toutefois, c'est très plaisant et érudit!
- A 4mn10sec, sur la gravure de 1535, la mort n'arrache pas l'armure de l'homme, mais son blason, on armoirie ainsi arrachée signifie que dans la mort un aristocrate perd sa noblesse, le personnage est en costume civil et non militaire.
- Attention au franco-centrisme à la minute 14,30, heureusement nuancé à la minute 17,30 : Avec 15M d'habitants, la France n'est pas la puissance démographique la plus forte, puisqu'elle est prise en étau entre l'Espagne et le Saint-Empire sous la bannière de l'Empereur, soit 25M d'habitants. On peut donc souligner sa fragile position, et le jeu de balance que représente l'Angleterre, où les ambassadeur se font d'ailleurs représenter par Holbein.
- A la minute 31,30, on parlerait plus de manque de "vérité anatomique" ( comme plus tard les maniéristes et Ingres), que de vérité "géométrique" en ce qui cincerne la perspective du personnage de gauche.Il serait amusant pourquoi pas de le "déplier" pour rendre le propos plus parlant!
- Attention à certaines comparaisons,lors de l'allusion à Van der Weyden : si Holbein peint des portraits plus que des sujets religieux, c'est bien à cause de (ou grâce à) sa fonction de peintre de Cour au mécénat privé plus que religieux. La religion n'est pas totalement absente de son oeuvre, même dans les portraits ( je pense au portrait de Brian Tuke où l'on peut lire Job implorant la clémence divine), elle n'est qu'un messager, une clef dans l'oeuvre, mais en des temps troublés, où prendre position concernant la foi peut couter le vie, surtout à la cour d'Henri VIII, peut-on parler de choix personnel, ou plus prosaïquement, d'adaptation à son milieu?
- On peut souligner son intérêt pour une réflexion sur l'au-delà, la fatuité de la vie terrestre avec la division du tableau gauche-droite et haut-bas : *A gauche, la théorie, théorisation même du monde, théologie (Christ), le monde des absolus.
*A droite, la pratique, l'interprétation humaine, le monde du périssable.
* En haut, le monde de la réflexion.Mais d'où tombe le rideau :un ailleurs divin d'où surgit le Christ?
* En bas, celui de l'action. Exactement décrit dans le docu comme limité pour l'Homme(par le sol à la limite du tableau).
D'ailleurs la couleur du Christ en haut fait écho à celle du compas en bas : les seuls qui prennent la mesure du monde contemporain concentré sur le tableau.
Merci pour ce bon moment de partage, en espérant bientôt voir d'autres reportages!
Erwan
Le 3 Janvier 2011
5 visiteurs sur 5 ont trouvé ce commentaire intéressant
Bonjour Audrey !
Je suis l'auteur du scénario et je suis heureux que vous ayez apprécié le film et pris le temps de partager vos remarques.
Je vais répondre à certaines d'entre elles, et je reviendrai périodiquement sur ce forum, pour compléter mes réponses dès que j'aurai du temps, car il est toujours intéressant qu'un film suscite des discussions.
1) La France 1ère puissance européenne ?
Sur le fait que la France soit la 1ère puissance européenne à l'époque, ma source scientifique est l'excellent ouvrage de Jean-Michel Sallmann, Géopolitique du XVIème siècle, auteur dont vous pouvez d'ailleurs trouver une interview vidéo en bonus directement sur le site.
Je n'ai pas l'ouvrage sous la main au moment où j'écris ces lignes, et ne voudrais pas en diminuer les mérites, mais l'idée générale est la suivante : alors que le St-Empire est une fédération de milliers d'Etats qui jouissent d'une très grande indépendance (sans parler des terres conquises en Amérique), la France, elle, est unie sous la bannière d'un seul roi, qui peut notamment lever l'impôt librement. C'est pourquoi les 15 millions de sujets du royaume de France ont une signification plus qu'arithmétique : ils confèrent une puissance effective à François Ier, que le St-Empire n'a pas au même degré.
Sur le plan des chiffres justement, tous ne sont pas cités dans le film. Faisons donc le point. France : 15 millions, Portugal (1 million), Castille (4 millions), l'Angleterre environ 2,5 millions d'habitants et l' "Allemagne" entre 11 et 12 millions.
Il n'y a donc pas 25 millions de sujets contre 15 millions, mais bien deux ensembles dans un relatif équilibre démographique. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle l'Angleterre peut prétendre jouer les arbitres.
Tout ceci n'est pas bien sûr pour nier la situation dangereuse dans laquelle se situe la France (c'est le propos du film), mais il me semble qu'il ne faut pas nier pour autant l'avantage considérable que lui confère son unification politique, ni trop surestimer l'unité et la force du St-Empire, en la rendant égale à la somme arithmétique de sa population.
Si des collègues historiens nous lisent, ils pourront sûrement apporter des éléments, en attendant que je retrouve ma bibliothèque.
Sur un autre sujet, celui de l'écu arraché à l'aristocrate, je pense que vous avez raison sur le fait : il faudra songer tout simplement à réaliser une petite retouche au film, même si l'idée générale ne change pas : l'égalité de tous devant la mort et la ressemblance avec le tableau des Ambassadeurs. Je ne sais pas pour autant si l'on peut affirmer que l'on "perd sa noblesse" avec la mort.
Sur la dernière idée, celle d'une partition gauche/droite, j'avoue ne pas tout à fait comprendre : pouvez-vous préciser votre idée ?
A très bientôt,
Erwan.

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Le 17 Février 2011
3 visiteurs sur 3 ont trouvé ce commentaire intéressant
Suite à la discussion avec Audrey, je viens d'obtenir des informations d'un spécialiste des Images de la mort d'Holbein à propos de la "Mort et le Comte" : il s'agit de Peter Parshall, qui est conservateur à la National Gallery de Washington.
Voici ce qu'il écrit : "Neither the count nor the death figure wears a "suit" of armor. The death figure appears to have cast aside his winnowing flail and to be killing his victim by battering him with a shield, presumably the count's own shield. He has lost his helmet already, although it is difficult to imagine how that helmet fit over all the feathers!
The shield is distinctly like those commonly used in prints for a "coat of arms" (= a heraldic device), and I interpret the action to imply that the count is being destroyed by the emblem of his aristocratic identity. Another Dantesque punishment."
Ce qu'on peut traduire ainsi : "Ni le comte, ni la mort ne portent d'armure. La mort semble avoir laissé tombé son fléau de vannage [NDT : un outil utilisé par les batteurs de blé] et assassiner sa victime en la frappant avec un bouclier, sans doute le propre bouclier du comte. Celui-ci a déjà perdu son casque, même s'il est très difficile d'imaginer comment il pourrait tenir sur tout ces plumes !
Le bouclier prend bien particulièrement la forme communément utilisée dans les gravures pour représenter les armoiries (= un symbole héraldique), et j'interprête cette scène comme impliquant que le comte est vaincu par le symbole même de son essence aristocratique. Encore une punition dantesque !"